Offre d’emploi au CRIC

Merci de faire circuler cette offre d’emploi pour le poste de coordonnateur/trice du Carrefour de ressources en interculturel (CRIC) dans votre réseau !  Si vous connaissez le ou la candidate idéale, n’hésitez pas à lui transmettre cette offre !

http://criccentresud.org/docs/OffreEmploiCoordoCRIC.pdf

Merci !

Carrefour de ressources en interculturel
www.criccentresud.org
514-525-2778


Atelier avec Charles Blattberg

Le 24 mai il y aura un atelier avec Charles Blattberg (Professeur titulaire, Département de science politique à l’Université de Montréal). L’atelier s’intitule “L’interculturalisme: le danger de l’abstraction” et aura lieu de 9h à 13h, C-3019, Pavillon Lionel-Groulx, 3150 rue Jean-Brillant, Université de Montréal.

SVP confirmez votre présence:  bob.whtie@umontreal.ca


Dany Rondeau sur l’épistémologie de l’interculturel (compte-rendu)

Compte-rendu et réactions à la présentation de Dany Rondeau au LABRRI: « L’interculturel comme catégorie épistémologique »

Par Rachel Boivin-Martin

Le 15 mars dernier, le LABRRI recevait Dany Rondeau spécialiste en éthique et professeure au Département des Lettres et Humanités de l’UQAR :

« L’interculturel est un concept plutôt marginal en philosophie. » explique prof Rondeau. Également perçu comme trop fleur bleue en sciences sociales, l’interculturel pensé en termes épistémologiques est apparu à la conférencière comme pouvant pallier les faiblesses des théories modernes sur les questions pratiques de philosophie qui traitent du pluralisme.

C’est en s’interrogeant d’abord sur l’universalisme des valeurs dans le contexte de l’aide internationale, tout en constatant la pluralité des morales que la professeure s’est lancée sur les pistes d’une éthique interculturelle[1]. Celles-ci lui permettraient aussi de préciser la signification du concept de pluralité et pluralisme, chose qui apparaît importante dans la mesure où les termes sont utilisés abondamment aujourd’hui. Dans cette optique, le pluralisme « dans sa version forte » comme l’auteure le qualifie, irait plus loin que le seul constat de la pluralité et également plus loin que le simple respect de la différence, en cherchant des façons de comprendre et de vivre la pluralité de nos sociétés tout en visant l’épanouissement de tous.

L’interculturel comme catégorie épistémologique prend pour bases théoriques les écrits de Raimundo Panikkar et d’Axel Honneth. Elle pose, entre autres, le postulat que les confrontations entre différentes conceptions du monde, autant au niveau des personnes, des communautés que des sociétés, ne peuvent être évitées et sont parfois même nécessaires à la reconnaissance de soi et de l’autre. Ainsi, si ce processus de mouvement vers l’autre qui intéresse particulièrement Panikkar est toujours risqué, c’est surtout parce qu’il faut d’abord passer par soi. Cela nécessite une prise de conscience de sa propre histoire, source de ses « précompréhensions » (Gadamer), « de procéder à une compréhension et à une critique de sa tradition » (Panikkar). Détourné temporairement de sa propre compréhension, décentré[2],  « LÀ » survient la rencontre avec l’autre, avec sa manière de concevoir le monde…

Autre élément important de cette approche, est la recherche constante d’un dialogue authentique. Une méthode interculturelle vise à ce que, le soi découvre à partir de quel horizon il comprend le monde (famille, spiritualité, citoyenneté…) tout en cherchant également à toucher l’horizon de l’autre, sans nécessairement penser pouvoir un jour le saisir.

La professeure suggère l’éthique de Jean-Marc Ferry qui s’intéresse aux dimensions historiques de l’identité et leur narrativité, comme exercice de mémoire et de reconstruction avec l’autre, rendant possible la rencontre de deux horizons. La tâche n’apparaît pas des plus simples, mais se rapproche de concepts « chouchous » de certaines approches en anthropologie qui s’intéressent aussi à la mémoire, à la reconnaissance et au dialogue. [3]

Il n’en demeure pas moins que pour passer de la théorie à la pratique, des compétences nommées interculturelles sont à développer. Sert à titre d’exemple la présentation du programme du cours Éthique et culture religieuse (ECR). Celui qui connut depuis son lot de controverses[4] est créé en 2008 en remplacement aux cours d’enseignements religieux et morales au niveau primaire et secondaire.

Pour ce faire, Dany Rondeau nous place à l’intersection entre éthique et interculturel, elle qui connaît le programme du bout de ses doigts pour s’intéresser, à l’heure actuelle, à la formation des professeurs à la pratique du dialogue dans le programme :

La structure du programme se compose de trois axes majeurs, soit l’éthique, les connaissances des diverses traditions religieuses et les compétences formelles (outils de réflexion). Un cheminement qui nécessite un va-et-vient allant d’un axe à l’autre, montre comment les élèves passent « d’un positionnement moral à une réflexion éthique ».

Une critique adressée au programme est d’encourager un certain relativisme. Après cette présentation du programme ECR, il nous apparaît que bien que les élèves soient appelés à s’interroger sur « les valeurs et les normes qui sous-tendent la conduite humaine »[5] et à prendre conscience que celles-ci ne sont pas universelles, cela ne semble pas être une réflexion qui a pour objectif de rivaliser avec les croyances particulières. En se référant aux éléments théoriques présentés plus haut, la rencontre des horizons est encouragée et mise à profit, deux choses qui sont impossibles du point de vue relativiste, ou à l’extrême, nihiliste, où tout est équivalent et permettrait d’acheter une forme de paix sociale. Les objectifs du programme semblent plutôt s’inscrire dans une volonté de réflexion commune sur le mieux-être collectif. D’une certaine façon, en tenant pour « acquis » les droits individuels, les élèves qui respectent les territoires symboliques de chacun s’exercent maintenant à créer des ponts entre ceux-ci. Vaste programme!

De plus, le fait d’accorder une place privilégiée aux éléments historiques et culturels catholiques, protestants et judaïques tout comme aux spiritualités des peuples autochtones laisse supposer que ceux-ci sont reconnus comme constitutifs du patrimoine québécois. Ces traditions et les autres rencontrées dans un Québec plus récent contiennent des vérités relatives, mais pas nécessairement à parts égales constitutives dans une perspective historique. Comme Dany Rondeau le mentionnait : « Relativiser n’est pas un exercice qui mène nécessairement au relativisme “extrême”. » Il peut servir à rencontrer l’autre dans sa différence, tout en ne sacrifiant pas ses valeurs.

Le programme ECR cherche à développer par diverses situations d’apprentissage autant des compétences pour le dialogue que des connaissances sur les différentes traditions religieuses du contexte québécois actuel. Guidés par le professeur, les élèves explorent les différentes traditions religieuses, dont la leur, en développant un regard curieux sans pour autant avoir à présenter leur rapport personnel à la religion.

En fin d’atelier, la conférencière nous proposa un exercice qui invitait les participants à tracer les contours d’une situation d’apprentissage. Le but était de réfléchir à un exercice en classe sur des sujets variés tels les rapports familiaux, le rapport à l’autorité… qui par une approche narrative mettrait à l’œuvre une herméneutique de l’autre.

Certains exemples présentés par les participants proposaient, entre autres, l’utilisation de productions médiatiques et culturelles comme objet tierce. Pour le justifier, un groupe croyait que l’échange libre et la reconnaissance de soi et de l’autre pourraient se trouver facilités lorsque les individus se trouvent côte à côte et non face à face. Une autre équipe présentait les jeux de rôles comme pouvant favoriser l’expression libre de systèmes de valeurs et du processus de décentration.

Un des constats : Le défi est de taille pour les professeurs qui doivent s’assurer, entre autres, que les discussions ne se voient pas prises dans le cul-de-sac du jugement moral.

La présentation de Dany Rondeau nous aura permis d’explorer d’autres éléments philosophiques fondamentaux d’une approche interculturelle et de constater, en première impression, l’aspect innovateur de ce programme éducatif qui semble éviter les pièges du relativisme tout en osant aborder la question de la pluralité des morales dans le contexte politique et social actuel.


[1]Voir, entre autres, les textes de Dany Rondeau: La relation des droits aux devoirs: interculturelle (2008), Comprendre le phénomène religieux: conditions d’une éthique pluraliste (2008), Fondements philosophiques et normatifs du programme Éthique et culture religieuse : une analyse sous l’angle de la reconstruction (à paraître).

[2] La décentration est un processus proposé par le psychologue du développement Piaget qui implique que le sujet acquiert une perspective qui se situe à l’extérieur de son point de vue propre. L’anthropologue sur le terrain est souvent appelé à prendre conscience qu’il y a (toujours) plus à savoir que le sens immédiat que ses schémas de connaissances lui offrent.

[3] Voir, entres autres, les texte de Johannes Fabian Time and the other (2002) et Remembering the present (1996).

[4] Voir la page Wikipédia sur le sujet qui trace les grandes lignes du débat et offre des références pertinentes sur les divers positionnements: http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89thique_et_culture_religieuse

[5] Éléments du canevas du cours Éthique et cultures religieuses


Table ronde sur l’épistémologie de l’interculturel (résumé)

Le 19 mars dernier, le Groupe d’études et de recherches axées sur la communication internationale et interculturelle (GERACII) a organisé, en collaboration avec le Laboratoire de recherche en relations interculturelles (LABRRI), une table ronde ayant comme thème l’épistémologie de l’interculturel.

Résumé de la table ronde proposé par Laurie Savard

La table ronde a réuni sept conférenciers ainsi que plusieurs étudiants, acteurs communautaires, professeurs et chercheurs dans le but d’échanger sur:

1)    Les fondements théoriques et épistémologiques de l’interculturel

2)    Les modes de gestions de la diversité

3)    La notion d’interculturalité: bilan et perspectives

Le thème des fondements théoriques de l’interculturel était le premier sujet à discussion. Certains, comme Charles Blattberg, étaient d’avis qu’une théorie de l’interculturel n’est pas possible ni souhaitable; une théorie au sens grec du terme impliquant d’avoir une vision véridique et holiste sur une question. L’interculturel ne devrait pas impliquer une «vision de la vérité», mais bien une écoute de l’autre, plus contextuelle et moins unifiante, dans le but d’en apprendre sur l’autre. Son approche place le dialogue au centre d’une épistémologie de l’interculturel. Blattberg distingue deux types de dialogue: la conversation et la négociation. La négociation impliquerait une concession de valeurs vers un accommodement raisonnable, ce qui n’est pas assez. La conversation, elle, aurait comme but de transformer ses valeurs dans le contact avec l’autre pour arriver à une réconciliation.

Comme Blattberg, Gaby Hsab pense qu’une théorie n’est pas possible. Cependant, il pose la question différemment et se demande dans quelles théories ou épistémologies déjà existantes peut-on inscrire l’interculturel. Selon lui, cette quête est foncièrement interdisciplinaire et dialogique. Une épistémologie de l’interculturel serait centrée vers un processus de compréhension herméneutique, interprétatif, éthique et anthropologique. Dans le même sens, Hsab croit que les meilleures ressources théoriques pour encadrer l’interculturel sont la mondialisation et les théories de la réception. Rico fait valoir le grand apport des auteurs latino-américains dans la théorisation de l’interculturalité, dont la contribution de Catherine Walsh, qui souligne l’importance de la reconnaissance d’un mérite à la pensée autochtone.

Dany Rondeau précise qu’on peut penser à l’interculturel comme une compétence ou comme une façon de gérer la diversité, mais qu’elle se concentrera dans cette partie à l’interculturel comme concept qu’elle définie comme un «topos», ou un espace intermédiaire de compréhension mutuelle, qui surgit dans les sociétés pluralistes d’aujourd’hui. En ce sens, elle considère l’interculturel comme une catégorie épistémologique: une modalité de la connaissance qui articule notre rapport au monde ou à l’autre à partir d’une méthode. Cette méthode aurait comme condition première un perspectivisme, un doute épistémologique et une reconnaissance de la légitimité des autres perspectives culturelles. Ensuite, c’est au dialogue interculturel de faire son travail pour articuler ces conditions. Rondeau utilise la métaphore d’une maison avec plusieurs fenêtres, chacune illustrant une perspective différente sur l’extérieur. Le perspectivisme est alors de venir à voir la fenêtre même si sa transparence peut nous faire croire que notre horizon ne passe pas par elle.

Finalement, Bob White argumente qu’il est possible de théoriser l’interculturel, ou du moins il faut essayer de le théoriser ne serait-ce que pour des raisons pédagogiques. Il reprend les propos de ses collègues sur le fait que l’interculturel est fondamentalement interdisciplinaire. De plus, sur la question de la méthode qu’à souligné Rondeau, White fait ressortir que cette tendance de l’interculturel à être vu dans des termes de méthode confirme que celui-ci est toujours une question empirique, historique, contextuelle. Les outils théoriques qui pourraient le mieux encadrer la complexité de l’interculturel seraient la philosophie herméneutique, la théorie critique (Habermas) et la méthode ethnographique. White conclu en signalant que l’interculturel (ou une orientation épistémologique interculturelle) devrait être distingué de l’interculturalité (la réalité sociologique) et l’interculturalisme (la politique de gestion de la diversité) et qu’une théorie de l’interculturel devrait prendre en compte ces trois registres.

En réaction aux interventions des conférenciers, Christian Agbobli (animateur de la table ronde) a ouvert la période de discussion sur le premier thème en demandant s’il était possible de suspendre son jugement (epoche de Husserl) pour penser l’interculturel hors des barrières disciplinaires. Un membre de l’assistance a répondu à ceci que l’étude de la communication est probablement le grand absent et pourrait donner un nouvel angle à l’étude de l’interculturel. Carmen Rico supporte l’intervention de monsieur et propose que la communication pourrait combler la partie «écoute» dont parlait Blattberg et propose l’apport de la démarche de Levinas. Blattberg est plus ou moins d’accords avec cette reprise de Lévinas. Pour lui, l’interculturel est une démarche fragile qui naît toujours dans le conflit et la démarche de Levinas ne prend pas assez en compte cette fragilité ni la notion d’écoute. C’est aussi à cause de cette fragilité, qui demande d’être très flexible, que Blattberg n’aime pas le fait de théoriser l’interculturel; une théorie imposerait des modèles d’actions trop rigides pour une situation à ce point fragile.

Le deuxième thème discuté était celui des modes de gestion de la diversité. Bob White a d’abord soulevé que le mot «gestion» dérange et que toute politique de gestion de la diversité a un penchant assimilationnisme, monoculturel, qui est la marque de l’État-nation et qui est nécessaire à son existence. Parlant de l’interculturalisme du Québec, White affirme que de véritables relations interculturelles y resteront impossibles puisqu’un groupe y est a priori prioritaire à un autre. La critique n’est pas au Québec d’avoir monté une politique comme celle-là, mais bien de l’appeler interculturalisme puisque selon lui, elle n’est en rien interculturelle. Gina Stoiciu appuie White et rappelle que la gestion de la diversité est souvent pensée au niveau de l’État alors qu’elle devrait aussi être pensée au niveau des relations quotidiennes et au niveau des organisations. Conséquemment, nos politiques de gestion de la diversité ne sont pas des réalités empiriques; ils sont des discours, des visions. Ainsi, ces politiques de gestion obéissent à des philosophies nationales qui émergent dans un contexte précis.

Gaby Hsab s’identifie comme un de ceux qui ont de la difficulté avec la «gestion de la diversité». Pour lui, la diversité se vit, elle ne se «gère» pas. Comme Stoiciu, il fait ressortir que cette gestion n’est faite qu’en fonction des mythes fondateurs de l’État. Au Québec, ce mythe fondateur en est un d’exclusion et de domination (à cause du contexte historique entre francophones et anglophones) ce qui rend difficile les véritables relations interculturelles. Selon Hsab, ce contexte de mythes fondateurs met à l’avant-plan l’importance d’une analyse anthropologique de la gestion de la diversité. Il prend l’exemple des mythes fondateurs des États-Unis et du Canada qui sont très différents et qui ont accouché de manières distinctes de gérer le pluralisme.

Dany Rondeau aussi réplique être allergique au terme «gestion de la diversité» qui semble déranger tous les conférenciers. Cependant, elle propose qu’il est possible de faire de la diversité une expérience positive par l’enseignement de compétences. Elle donne l’exemple des cours d’éthique et de culture religieuse (ECR) qui ont comme but de développer ces compétences en semant le doute, en créant la curiosité chez les jeunes pour plus tard qu’ils soit capable de vivre, et même de penser les problèmes de société, avec l’autre. Enfin, pour Charles Blattberg, la «gestion de la diversité» actuelle dépend de la tolérance, de la négociation et de l’accommodement qui ne sont pas suffisants pour une véritable compréhension de l’autre. Pour lui, «gestion» implique quelque chose de trop technique et qu’il vaut mieux arriver dans un conflit interculturel en l’abordant maladroitement, donc en étant prêt à prendre des risques et à perdre la face. Pour Blattberg, ce risque est fondamental dans l’apprentissage, quel qu’il soit.

Enfin, Christian Agbobli commence cette deuxième période de questions en faisant ressortir que tous les conférenciers sont vraisemblablement mal à l’aise avec le terme de «gestion de la diversité». Cependant, il renchérit que de mettre de côté la gestion serait illusoire; l’État mettra toujours en place des politiques pour administrer la diversité. Il faut donc passer par-dessus ce malaise. Sur ce sujet, Bob White demande à ses collègues en communication si la gestion de la diversité devrait se faire par les mêmes principes peu importe le pallier; qu’il soit national ou interpersonnel. Gina Stoiciu répond que, selon elle, les politiques de gestions ne viennent pas que de l’État, mais aussi de la base, de la société. Elle rappelle que les politiques de gestions en France ou aux États-Unis sont venues d’urgence sociale. Mireille Tremblay, professeure au département de communication et membre du GERACII, répond à la question de White en affirmant que les priorités peuvent être les mêmes de palier en palier, mais que les stratégies d’applications ne seront pas les mêmes. Une autre participante, élève au GERACII, fait remarquer qu’il est d’ailleurs difficile d’établir ces priorités et ces valeurs dans une nation comme le Québec où la population se bat encore pour son indépendance politique.

Le troisième et dernier thème était de voir aux bilans et perspectives de l’interculturalité au Québec. Selon Carmen Rico, ce bilan tient dans certaines recommandations comme que la stratégie politique se rapproche plus de la compréhension des cultures et pas seulement à leur contact. Dany Rondeau, quant à elle, essaie de situer le mince bilan de l’interculturel en philosophie (sa discipline d’origine). Elle rappelle qu’il y a une préoccupation de penser une philosophie interculturelle depuis longtemps chez les philosophes hispanophones et que la philosophie pratique a plus de cadres pour penser l’interculturel. Mais cette philosophie, précise Rondeau, demande de sortir des cadres habituels de la raison, ce qui est difficile pour la philosophie. Selon elle, les avenues futures de l’interculturel sont dans l’interdisciplinaire où la philosophie penserait de pair avec les sciences sociales. Charles Blattberg, lui, recommande une vision d’intégration et non d’accommodement dans notre contexte pluraliste puisque l’intégration inclut une notion de dialogue. C’est, selon lui, l’approche la plus risquée, mais la meilleure. Bob White, quant à lui, pense qu’il est nécessaire pour le Québec de faire un bilan sur son passé pour travailler sur l’interculturel. Entre autres, il faut accepter que la politique de gestion du Québec et du Canada soit différente puisque les deux n’ont pas vécu l’histoire du pays de la même manière. Ceci va dans le même sens que quelques interventions faites dans le cadre de la table ronde. White remet sur la table le passé de colonie du Québec qui pourrait être un facteur dans le sentiment de danger face aux autres que le Québec vie présentement.


Poste de bénévole offert au CRIC

Le Carrefour de ressources en interculturel (CRIC) offre un poste de bénévole dans un milieu de travail stimulant et enrichissant, rempli d’échanges et de réflexions au sein d’une équipe de travail dynamique et passionnée d’interculturel !

DESCRIPTION DU MANDAT | BÉNÉVOLE

La personne bénévole aura à concevoir, à réaliser et à développer un bulletin d’information hebdomadaire relayant les informations sur les enjeux liés à l’interculturel.    Ce support est destiné aux membres, partenaires et amis du CRIC.

TÂCHES À RÉALISER
Développer le concept du bulletin d’information, à savoir :

o    Définir les catégories : formations, revue de presse, littérature, ateliers, colloques, activités, etc.
o    Rechercher du contenu : sources d’informations sur l’interculturel
o    Rédiger les textes à publier o Choisir le format, le nom du bulletin et définir sa charte graphique
o    Définir le mode de diffusion : site Internet ou courriel

PERSONNE À CONTACTER
Intéressé(e) ?    Contactez-nous! Caroline Savard, coordonnatrice Carrefour de ressources en interculturel | 514-525-2778 | caroline@criccentresud.org | www.criccentresud.org

Cliquez ici pour plus d’information:

OffreBenevoleBulletinHebdoCRIC.20120312


Table ronde sur l’épistémologie de l’interculturel

Table ronde organisée par

le Groupe d’études et de recherches axées sur la communication internationale et interculturelle (GERACII) de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM).

En collaboration avec le Laboratoire de recherche en relations interculturelles (LABRRI) de l’Université de Montréal.

Lundi 19 mars 2012, de 9h30 à 12h30.
Salle J-1060, Pavillon Judith Jasmin, 1er étage.
405, rue Sainte-Catherine Est, métro Berri-UQAM.

Thème : Épistémologie de l’interculturel

Conférenciers invités

• Charles Blattberg, Département de science politique, Université de Montréal.
• Reinaldo Fleuri, Centre des sciences de l’éducation,
Université fédérale de Santa Catarina, Brésil.
• Gaby Hsab, Département de communication sociale et publique, UQÀM.
• Carmen Rico, Département de communication sociale et publique, UQÀM.
• Dany Rondeau, Département des lettres et humanités, Université du Québec à Rimouski
• Gina Stoiciu, Département de communication sociale et publique, UQÀM.
• Bob White, Département d’anthropologie, Université de Montréal.

Un repas sera offert suite à l’activité.
L’entrée est libre mais l’inscription est obligatoire.
Merci de confirmer votre présence  avant le 12 mars 2012
auprès de  bourassa-dansereau.caterine@uqam.ca


Forum ÉDIQ (compte rendu)

Le forum interculturel de l’imaginaire de l’ÉDIQ
(compte rendu proposé par Jorge Frozzini)

Le 21 février 2012, dans le cadre du Forum organisé par l’Équipe de recherche en partenariat sur la diversité culturelle et l’immigration dans la région de Québec (ÉDIQ), une série d’atelier et de tables rondes ont eu lieu au cours de la journée à l’Université Laval.

L’ÉDIQ est un groupe de recherche qui se donne comme mission « d’examiner les interactions des personnes et des groupes au sein de la société en considérant tant les ancrages historiques que les dynamiques locales récentes. Nous posons l’hypothèse que les nouveaux arrivants et la population locale vivent des transitions qui questionnent la qualité de vie, les identités et les appartenances. »[1]

Le Forum a été l’occasion de nous familiariser avec les membres de l’ÉDIQ, mais aussi avec leur processus de coopération culturelle qu’ils ont mis en place à l’aide de leur méthode « participative et créative de l’Atelier Interculturel de l’Imaginaire (AII). » Les objectifs de cet atelier sont 1) le partage des savoirs, 2) la coopération entre les participants et finalement 3) valoriser la participation citoyenne et un sentiment d’appartenance à la société québécoise. Ainsi, Bob White et moi-même avons pris part à ces ateliers où des personnes de milieux différents partageaient des idées et des expériences. De plus, Bob White a participé à la dernière table ronde intitulée « Coopération culturelle : enjeux et stratégies. »

La journée a commencé avec les habituels mots de bienvenue et une première table ronde autour des « Principes fondateurs de la coopération et perspectives sur le partenariat et l’innovation sociale. » Richard Walling nous a fait part de l’expérience anglophone à Québec et de la vision que les francophones avaient de cette dernière. Lucille Guilbert, de son côté, nous a présenté les principes fondateurs de la coopération, ainsi que l’histoire de l’augmentation de l’immigration à Québec, les besoins exprimés par les communautés et finalement la structure de l’atelier interculturel de l’imaginaire. Cette table ronde a été suivie par deux ateliers et une pièce de théâtre dont je parlerais un peu plus loin. Par la suite, nous avons assisté à la dernière table ronde intitulée « Coopération culturelle : enjeux et stratégies. » Stéphanie Arsenault nous a parlé, entre autres, de la reconnaissance des compétences, du manque d’information donné aux immigrants, de la perception que nous avons des identités comme des structures statiques et de l’importance de nous méfier des étiquettes. De son côté, Lorraine O’Donnell nous a entretenus au sujet du mot anglophone. Ce dernier a une connotation politique tout en étant contesté. De plus, elle nous a parlé de la grande diversité des groupes culturels à l’intérieur des communautés anglophones, des mythes entourant les « anglophones », de la tendance à cacher les échecs ainsi que les conflits et de différents niveaux du sentiment d’appartenance en tant qu’anglophone. Finalement, Bob White nous a parlé, entre autres, de la centralité de se pencher sur la culture lorsqu’on s’intéresse à l’interculturel, de l’incapacité à nommer notre propre culture en Amérique du Nord, de la commensalité[2] et des outils méthodologiques comme l’introspection, la distanciation et le besoin pour tout le monde d’acquérir des compétences interculturelles.

Je voudrais prendre le temps de parler des ateliers et de la pièce de théâtre qui à mon avis ont permis de faire ressortir certains éléments forts intéressants. L’immersion dans l’AII a favorisé la compréhension de la dynamique de cette méthode. Ainsi, quatre périodes d’échange de plus d’une heure ont été nécessaires afin de permettre la mise en récit d’éléments propres aux expériences des participants. L’animatrice ou l’animateur, au début de chaque séance, expliquait aux participants sur quoi ils devaient s’exprimer à l’aide d’une série d’objets qu’ils avaient à leur disposition sur leurs tables. Les participants par la suite utilisaient ces objets pour parler de leurs expériences ou pour se définir. L’utilisation d’objets permettant la distanciation du sujet par rapport à son soi et le déplacement de l’attention de l’autre vers cet objet, et non vers soi, facilite ainsi l’expression de vécus personnels. Toutefois, certaines limites ont été perçues comme le fait de demander de dévoiler sa vulnérabilité devant des inconnus et cela dans l’absence d’une bonne acclimatation des participants, car il était évident que non seulement les participants n’avaient pas saisi parfaitement ce qui était attendu d’eux, mais aussi, il y avait un sentiment de gêne. Deux éléments problématiques sont ressortis : 1) l’importance que les participants maîtrisent bien la langue afin de pouvoir suivre l’exercice et participer sans problèmes; et 2) les spécificités culturelles qui ne permettent pas toujours de se dévoiler si facilement devant des inconnus. Une grande force de ces ateliers est l’opportunité qui est donnée aux participants de pouvoir exprimer leurs opinions ou des frustrations qu’ils souffrent ou ont souffertes. De plus, il leur est permis de penser à des solutions aux problématiques évoquées pendant l’atelier. Toutefois, il est difficile de penser à des solutions bien élaborées dans un laps de temps aussi court. Finalement, il faut aussi remarquer que le partage des expériences, des opinions et des visions du monde permettent aussi la création d’une certaine complicité entre les participants. Cette complicité peut être, entre autres, vécue à travers le partage d’expériences similaires liées au processus d’immigration. Que ces expériences soient heureuses ou frustrantes, elles permettent un rapprochement entre les individus qui comprennent la particularité du vécu de l’Autre en faisant des liens avec leurs propres expériences.

Outre l’atelier, la pièce de théâtre intitulée « À la conquête de la modernité » est une pièce créée par des personnes immigrantes en francisation. Elle met en scène des pirates se dirigeant vers la ville de Montréal afin de la conquérir. S’il est vrai que la pièce a été conçue dans le but de faciliter et d’améliorer la maîtrise du français par ces immigrants, il me semble qu’il y avait plus que ce simple fait lorsque nous analysons sommairement cette pièce. Un élément mentionné dans le document du participant est le déblocage qu’a permis d’effectuer cette œuvre. Ainsi, les individus ayant participé ont pu vaincre leur peur de la langue et commencer à parler avec beaucoup plus d’assurance. Toutefois, malgré ces avancées incroyables, les termes « conquête et modernité » dans le titre laissent songeurs. En effet, pourquoi ces termes et pourquoi cette image de la conquête de la modernité? D’un autre côté, pourquoi des pirates? Une explication est formulée dans le guide qui nous a été remis lors de la journée dont voici l’extrait :

Le thème de la pièce est hérité directement de celui du cours : les pirates. Un étudiant précise qu’ils ont visité un musée ayant le même thème, et que la pièce va pour lui dans la continuité de cette visite. On remarque d’emblée qu’il s’agit d’un thème qui parle à tous. Sous ses aspects enfantins, il permet de créer une unité au sein d’une classe pourtant disparate : tous viennent de pays différents, d’Amérique Latine, mais aussi d’Asie, par exemple. Utiliser un thème relevant d’une mythologie acceptée par tous permet donc de fédérer la classe. Une autre consigne conditionne le travail des étudiants : comme le cours est soumis à certaines conditions ministérielles, relatives aux problèmes que peuvent rencontrer des immigrants dans la société québécoise, le personnel encadrant a décidé d’imposer l’intégration de scènes de la vie moderne, et de montrer des pirates à la conquête de la modernité, d’où le nom de la pièce.[3]

Nous avons ici plusieurs éléments pertinents à l’analyse, mais je voudrais retenir deux de ces derniers (faute de temps et d’espace) qui me paraissent fort particuliers. Le fait que des immigrants soient des pirates et que la société d’accueil soit associée à la modernité. Certes, il y a eu des circonstances conduisant naturellement vers l’élément des pirates comme thème de la pièce, mais les images et les symboles ne sont jamais neutres. En effet, un pirate est par définition un individu ayant un comportement dérangeant qui n’est pas nécessairement accepté par la société qui doit composer avec lui. D’ailleurs, un pirate est une personne qui est de passage afin de profiter, pour ne pas dire voler, les ressources produites dans les lieux qu’il visite. Finalement, un pirate est une personne de qui nous avons peur et qu’il faut tenir à distance. Dans le discours populaire, nous avons tous déjà entendu ou observé certaines réactions faisant état du dérangement produit par la présence des immigrants (pris comme un groupe homogène ou non). Une autre image qui est associée aux immigrants est le fait de constituer un groupe qui est de passage et donc qui n’est pas nécessairement à sa place. Finalement, le fait de profiter des ressources et la volonté de les maintenir à distance sont des images et des attitudes se retrouvant dans certains comportements des individus de la société d’accueil. En jouant avec ces images, on peut avancer que les protagonistes de la pièce, non seulement, ont participé à un exercice de catharsis collective, mais aussi à une critique ludique d’une certaine vision à leur égard. D’un autre côté, l’utilisation de l’image de la modernité, pour faire référence à la société d’accueil, crée une division symbolique entre cette dernière et les autres sociétés. Même si lors de la pièce les pirates reviennent à la vie et donc on fait référence au passé, je ne peux pas faire abstraction du fait que dans un certain discours présent en Amérique du Nord ou ailleurs, les pays dits « occidentaux » sont modernes comparativement à d’autres qui ne le seraient pas. La modernité étant associée au progrès, à la liberté et ainsi de suite. Cette image permet donc d’effectuer une hiérarchisation entre ceux qui sont dans un stade avancé et d’autres qui se retrouvent en arrière.

Le forum nous a permis de constater l’importance d’un espace d’expression où les thèmes abordés touchent l’ensemble des participants et font ainsi ressortir des expériences ou des vécus qui parlent à l’Autre. Les sujets abordés, dont la vulnérabilité et la coopération, sont évocateurs des parcours tant des immigrants que de ceux qu’ils rencontrent tout au long de leurs vies. Toutefois, il y a aussi un élément qui a traversé tous les récits, celui de l’importance des interactions entre les individus. C’est d’ailleurs sur l’amélioration de ces derniers que ce type d’atelier a mis le cap et pourra contribuer d’une façon constructive.


[1] Voir leur site Web à l’adresse suivante : http://www.ediq.ulaval.ca/accueil/

[2] Voir le texte : http://labrri.wordpress.com/2011/10/31/atelier-sur-la-commensalite/

[3] Lucille Guilbert, Forum Interculturel de l’Immaginaire : Cahier du participant. (Québec: Université Laval, 2012), 20.


S’intégrer sans se désintégrer

11891 av. du Beau-bois, Montréal (514)875-7710

S’intégrer sans se désintégrer

Jeudi 23 février, dans le cadre du mois de l’histoire des Noirs, la Maison de l’Afrique propose une conférence de Dr Gérard Charpentier qui développera sur le concept de s’intégrer dans une société sans en perdre ses origines … Pour plus d’information:

http://www.maison2lafrique.com/index.php?option=com_content&view=article&id=194&itemid=198


Colloque organisé par l’ÉDIQ

Équipe de recherche en partenariat sur la diversité culturelle et l'immigration dans la région de Québec (Université Laval)

INTERCULTUREL DE L’IMAGINAIRE
Coopération culturelle et innovation sociale dans la région de Québec

21 Février 2012 de 8h15 à 17h00
Suivi d’un Lancement de livres
Grand Salon Université Laval
Pavillon Desjardins

“Ce Forum de l’ÉDIQ instaure, une journée durant, un processus de coopération culturelle soutenu par la méthode participative et créative de l’Atelier Interculturel de l’Imaginaire (AII) avec des objets et des récits symboliques. Il permet de « créer du lien », de valoriser la diversité culturelle en créant un espace-temps qui favorise la compréhension mutuelle par le partage et la transmission des pratiques, des savoirs, des valeurs et des imaginaires.”

Pour voir le programme du colloque, cliquez ici

Pour s’inscrire:  colette.boucher@hst.ulaval.ca


Atelier sur le Bottin Interculturel (BIC)

Présentation des résultats de recherche préliminaires sur la création d’un Bottin interculturel (compte rendu proposé par Jorge Frozzini)

Le 26 janvier 2012, dans le cadre de la série « Ateliers du LABRRI », Laurie Savard et Rachel Boivin-Martin ont présenté leurs résultats préliminaires sur la création d’un bottin interculturel. Cet outil constitue l’un des premiers pas dans l’entente de partenariat de recherche entre le LABRRI et le Conseil interculturel de Montréal (CIM)[1].

En ce jeudi matin d’une belle journée du mois de janvier, nous avons eu le plaisir d’entendre la présentation de Laurie Savard et Rachel Boivin-Martin portant sur l’élaboration d’un « bottin interculturel ». Elles nous ont fait part non seulement de leur méthodologie de recherche, mais aussi de leurs observations et de la première version du bottin électronique qui devrait être mis en ligne au début de 2012. La présentation a mis en évidence l’utilité du bottin comme une référence pour les différents chercheurs intéressés par la réalité et l’orientation de recherche interculturelle, principalement dans l’Est du Canada. De plus, il aura l’avantage d’être interactif puisqu’il est construit sous forme de wiki, en plus de nous permettre de visualiser les différents réseaux dans lesquels les chercheuses et les chercheurs évoluent. Parmi les informations originales contenues dans le bottin, nous retrouvons une liste de publications illustrant le courant interculturel du chercheur. Par exemple, nous pouvons citer des textes tels que celui de Lomomba Emongo. 2011. « Il était une fois l’Autre. Propos pour une recherche en alternatives ». Eberhard, Christoph. (éditeur). Le courage des alternatives. Éditions Académia-Bruylant. Sous presse; ou celui de Danielle Gratton. 2009. L’Interculturel pour tous : une initiation à la communication pour le troisième millénaire. Éditions : Saint-Martin et ainsi de suite.

Afin de constituer ledit bottin, il aura fallu un immense travail de recherche en vue de collecter l’information pertinente à travers le Québec et l’Ontario. En effet, la méthodologie proposée pour trouver les chercheurs travaillant dans une perspective ou une orientation interculturelle n’était pas quelque chose d’aisé, car cette dernière n’est pas toujours explicite dans l’information disponible au sujet des chercheurs. Ainsi, elles ont procédé par une série d’étapes leur permettant d’écarter ou de retenir les chercheurs pertinents à la constitution de ce bottin et cela à travers toutes les disciplines pouvant faire appel à une telle perspective.

 

La première étape était celle de la définition. Elles ont procédé, en premier lieu, à la distinction de l’utilisation du terme interculturel à l’aide de trois registres :

  1. Le registre sociologique ou thématique, c’est-à-dire l’utilisation du terme pour décrire un état de fait ou une rencontre.
  2. Le registre idéologique ou dynamique selon lequel l’interculturel est un modèle décisionnel, une façon de gérer la diversité, etc.
  3. Le registre de l’orientation, d’une épistémologie ou d’une philosophie interculturelle en ce sens que l’interculturel renvoie à une vision du monde ou à une éthique relationnelle.

À l’aide de ces trois registres, lors de la deuxième étape, elles ont pu commencer à rechercher les chercheuses et les chercheurs intéressés par ce domaine. Une fois cette étape réalisée, elles ont procédé par institutions universitaires et en dernier lieu à partir des références se trouvant dans les publications ou travaux de recherche.

À l’aide des trois registres, les conférencières ont exploré les intérêts des chercheuses et des chercheurs pour la culture. Par la suite, elles se sont penchées sur le contexte d’utilisation du mot interculturel ou, en d’autres termes, la façon de le combiner avec d’autres mots. Elles se sont rendu compte, entre autres choses, que les trois registres sont complémentaires, tout en étant conscientes que ce modèle des trois registres ne s’applique pas nécessairement en dehors du Québec. De plus, elles ont pu constater des différences dans l’utilisation du terme interculturel entre les anglophones et les francophones, en plus de l’importance du vocabulaire utilisé par les chercheuses et les chercheurs pour bien comprendre ce qu’ils entendent par interculturel. En ce sens, une observation particulièrement intéressante a été l’utilisation des différentes déclinaisons du terme interculturel, selon le registre utilisé par la chercheuse ou le chercheur. Ainsi, lorsqu’on utilise le premier registre (sociologique), on a tendance à utiliser le terme interculturalité, tandis que dans le deuxième registre (idéologique/dynamique) c’est plutôt le vocable interculturalisme qu’on utilise. Finalement, parmi les chercheuses et les chercheurs utilisant le troisième registre (orientation/épistémologie/philosophie) c’est davantage le mot interculturel qui prédomine.

Lors de cette présentation, il y a eu une série de discussions autour des critères de sélections des chercheuses et des chercheurs mentionnés dans le bottin. En effet, que faire par exemple, d’une personne qui n’a pas été inscrite dans le bottin et qu’elle considère que cela devrait être le cas? Les échanges nous ont guidés naturellement vers l’importance de bien expliquer les critères de sélection avant de rendre public cet outil.

Le travail présenté a été non seulement acharné, mais aussi précurseur. En effet, en situant dans un même registre des individus parsemés dans des lieux géographiques et disciplinaires aussi vastes, elles contribuent à dévoiler le monde dans toute sa complexité et permettent de nommer l’optique épistémologique et philosophique qu’est l’interculturel. Ce premier pas permettant de visualiser une communauté de partage ne s’arrête pas qu’à une simple liste de noms et d’affiliations, ni à une bibliographie exhaustive, car le travail ne fait que commencer.


[1] Voir l’entente de partenariat au : http://labrri.wordpress.com/2011/11/15/partenariat-avec-le-conseil-interculturel-de-montreal/


Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 25 followers